Florent Manaudou face à l’après-JO : une carrière qui se réinvente loin des bassins

Florent Manaudou face à l’après-JO : une carrière qui se réinvente loin des bassins

Près de deux ans après les Jeux olympiques de Paris 2024, Florent Manaudou revient avec franchise sur sa situation financière et sur les difficultés auxquelles les sportifs de haut niveau peuvent être confrontés une fois l’effervescence olympique retombée.

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, dans le cadre d’une campagne menée pour la plateforme d’épargne Yomoni, le champion français révèle avoir perdu entre 60 et 70 % de ses sponsors après les Jeux de Paris. Une baisse particulièrement importante, alors même que le nageur avait réussi à décrocher deux médailles de bronze dans la capitale française.

Depuis cette échéance olympique, Florent Manaudou a cependant choisi de ne pas rester uniquement dans l’univers de la natation. Il a multiplié les expériences et diversifié ses activités professionnelles. Sa participation à Danse avec les stars, ses apparitions à la télévision ainsi que ses différents projets témoignent de cette volonté de construire une nouvelle trajectoire.

L’ancien champion olympique résume d’ailleurs cette nouvelle vie professionnelle avec une formule pleine d’autodérision : « Je suis un couteau suisse. » Une expression qui traduit un quotidien particulièrement éclectique. Ses journées peuvent commencer très tôt, parfois dès quatre heures du matin, lorsqu’il doit prendre un train pour Paris. À d’autres moments, son agenda est beaucoup moins chargé et peut rester vide pendant plusieurs jours.

Une organisation irrégulière qui ne semble toutefois pas le déranger. « En tout cas, je ne m’ennuie pas », assure-t-il.

Derrière les médailles, la reconnaissance et la visibilité médiatique, l’après-Jeux olympiques peut donc réserver quelques surprises. Pour les athlètes, les JO constituent une formidable vitrine, mais cette exposition ne garantit pas nécessairement une stabilité financière durable.

Florent Manaudou en a lui-même fait l’expérience. Pour ses deux médailles de bronze remportées à Paris, le nageur a touché environ 40 000 euros de primes publiques. Une somme significative, certes, mais qui reste relativement modeste au regard des années d’entraînement, des sacrifices et des exigences liés au sport de haut niveau.

Le véritable enjeu se situe notamment du côté des partenariats privés. Une fois les Jeux terminés, l’intérêt des marques peut rapidement diminuer. « J’ai perdu 60 à 70 % des sponsors après les Jeux de Paris », reconnaît ainsi le champion.

Son témoignage met également en lumière les fortes disparités qui existent dans le sport de haut niveau. Entre un champion olympique auréolé d’or et un athlète qui termine au pied du podium, les conséquences financières peuvent être considérables. Pour de nombreux sportifs, vivre exclusivement de leur discipline demeure difficile. Certains sont contraints de trouver un emploi, tandis que d’autres doivent multiplier les activités professionnelles pour assurer leur avenir.

L’expérience de Florent Manaudou rappelle ainsi une réalité souvent occultée par le prestige des Jeux : une médaille olympique peut consacrer une carrière, mais elle ne garantit pas à elle seule la sécurité financière de l’athlète après la compétition.